Toulouse : Clara Cernat et Thierry Huillet célèbrent La Fontaine à la chapelle des Carmélites

Toulouse : Clara Cernat et Thierry Huillet célèbrent La Fontaine à la chapelle des Carmélites

La saison Musique en dialogue aux Carmélites décline plusieurs rendez-vous estivaux en hommage à Jean de La Fontaine dont la France célèbre le 400e anniversaire de naissance. La violoniste Clara Cernat et son compagnon compositeur Thierry Huillet ouvrent la programmation ce dimanche avec Daniel Halm dans le rôle du récitant. Le couple de musiciens nous livre sa passion pour le fabuliste et pour les musiques qui vont agrémenter ce premier rendez-vous…

Pourquoi êtes-vous si attachés tous deux à cette manifestation ?

Clara Cernat : Premièrement pour Catherine Kauffman-Saint-Martin l’organisatrice parce que c’est une belle amitié qui nous lie depuis 20 ans. Deuxièmement pour cette chapelle des Carmélites qui est tout de même fantastique et inspirante. Un artiste ne peut qu’attendre et compter les heures pour jouer dans un lieu comme celui-ci !

Thierry Huillet : C’est aussi l’alliance des mots et de la musique qui nous intéresse dans ce festival. Par exemple, le début de la fable Les deux coqs : “Deux coqs vivaient en paix, une poule survint.” Moi ce survint me sidère, je trouve ça tellement beau, précis et puis c’est tellement fleuri. La Fontaine manie la langue française avec telle une virtuosité, une telle délectation que je crois que dans le caractère virtuose et délectable de la langue il n’a d’égal qu’Edmond Rostand dans Cyrano.

 

Le concept de votre spectacle dédié aux Fables est accompagné de projections de gravures et tableaux signés Gustave Doré, pour quelle raison ?

T. H. : Comme je suis un grand fanatique de Gustave Doré (1832-1883), je collectionne en particulier tous les livres qu’il a illustrés, il me semblait tout à fait naturel de projeter ses images puisque les Fables sont un grand classique dans l’inspiration de Doré. On parvient à une sorte de syncrétisme artistique entre tous les arts donc je trouve que c’est un support formidable.

C. C. : Doré est quand même l’un des plus grands illustrateurs et peintres du XIXe siècle ! Ce n’est pas que ce genre de spectacle fasse notre signature de duo mais on adore ça. Sans pour autant renier de jouer une très belle sonate de Beethoven mais avec cette proposition qui permet de partager quelque chose qui nous est propre avec le public, on s’éclate ! (rires)

La dimension internationale de votre duo vous a-t-elle déjà permis de présenter cette œuvre à travers le monde ?

T. H. : Oui parce que les images servent de supports aux sous-titres et d’ailleurs la première fois que nous l’avons présentée c’était au Chili puis en Chine, en Italie, en Angleterre et ailleurs, et dans toutes les langues. Ce qui nous permet aussi dans le même élan, comme le font l’Orchestre du Capitole et l’Orchestre de chambre de Toulouse, d’assurer la promotion de Toulouse partout dans le monde.

Vous êtes tous deux professeurs de musique au Conservatoire de Toulouse, quel type d’élèves comptez-vous dans vos classes ?

C. C. : Beaucoup de jeunes gens passionnés mais il faut dire la vérité, la nouvelle génération aime moins l’effort ! (rires) En 20 ans d’enseignement on a changé un tout petit peu de public. L’excellence en musique, comme en sport et n’importe quelle matière, ne s’atteint que par un surpassement de soi-même, un effort un peu surhumain à fournir pour arriver au mieux de soi-même et pouvoir se confronter à encore mieux que soi. Voilà c’est comme ça que ça marche ! La musique c’est un peu de sport et beaucoup d’esprit en même temps ! (rires)

Votre plaisir de jouer en duo est-il toujours aussi intense ?

T. H. : Toujours ! Comme dit l’un de nos très grands amis qui nous connaît depuis nos débuts Votre duo c’est une forme d’amour ! Alors ça ne se dément pas, ça reste toujours un bonheur de tous les jours !

 

Source : https://www.ladepeche.fr/

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